MAKING SOMETHING USEFUL THOUGH OUR DIFFERENCES

By | January 15, 2019

By Patrice Delmotte

TEPC est un club de photographes frappé au coin par la différence et le respect de l’autre. C’est cet alliage fait de styles et pratiques venus d’horizons souvent radicalement différents qui en font sa spécificité. Fondé à Taipei en janvier 2011 par Patrice Delmotte, un entrepreneur installé à Taiwan depuis plus d’une vingtaine années, il rassemble des Taiwanais, des Anglais, des Français, des Polonais et un belge.

Tous partagent le même goût, la même passion pour la photographie, un point commun qui les rassemble au-delà de leurs différences sur tous les plans. Aujourd’hui, ils sont une dizaine d’entre eux à avoir voulu faire quelque chose d’utile. Après plusieurs semaines de réflexion, l’idée s’est imposée : lancer une exposition dont les profits seront reversés à une œuvre caritative, en l’espèce, l’hôpital Saint Anne.

Le TEPC, c’est d’abord un esprit et c’est peut-être pour cette raison que cette idée a germé dans ce club. Ses membres sont coptés au rythme des rencontres et sur le seul critère de leur passion et non pas de leur maîtrise des techniques photographiques. C’est pour cette raison qu’on y rencontre des professionnels, des amateurs, des passionnés d’argentique, des fous du numérique, des spécialistes de la photo de studio, des entichés de la photographie de rue, autant de démarches, de sensibilité et d’intérêts qui font la richesse et l’ouverture du club.

Avec une grande réunion par mois autour d’un thème préalablement défini au cours de laquelle on dîne et on examine les photographies apportées avec une grande précision, de la rigueur et de l’exigence mais également une ouverture d’esprit et une tolérance vis-à-vis de la différence, d’autant plus qu’on vient du monde entier. Le TEPC, c’est donc aussi un endroit où on apprend et on porte une attention à l’autre.

On retrouve cette richesse dans les œuvres exposées, reflet de la personnalité de chacun des photographes (voir le site Internet http://tepc.weebly.com/). Les paysages des confins de l’Asie du Nord-est se mêlent avec ceux de l’Asie centrale pour les amoureux de la nature, souvent Taiwanais, tandis que certains occidentaux ont mis l’accent sur la dimension abstraire que l’offre à voir le spectacle infini de la Nature.

D’autres, plus attachés à dénicher la beauté dans le quotidien montrent des scènes de rue qu’il faut lire au-delà de ce qu’elles montrent simplement. Spécialement pour cette exposition, les photographes se sont pliés à une contrainte technique, gâche d’unité, celle de faire rentrer leur cliché dans un carré qui aura une surface 1×1 à l’exposition.

Il fallait ensuite que cet exercice de style, cette démarche de générosité trouve un bénéficiaire. L’orphelinat Saint Anne s’est immédiatement imposé après une visite des membres du TEPC. Tous les profits retirés des ventes de photographies iront à cette institution qui accueille des enfants handicapés.

Fondée à Taipei en 1972 par le Père G. Beunen, il est aujourd’hui sous la direction de Sœur Petronelli qui, avec à ses côtés une trentaine d’employés à plein temps, dédie son énergie et son attention aux 40 petits pensionnaires. Lorsqu’elle a dit aux visiteurs du TEPC « quand vous faîtes du bien à mes petits pensionnaires, c’est à moi aussi que vous faîtes du bien », les membres du TEPC se sont regardés mais n’ont pas eu besoin d’échanger un mot, ils étaient déjà tous d’accords.